Les Principes de la traduction

Ce travail se propose de faire un schéma de quelques principes de la traduction poétique tels quels résultent de l’expérience du traducteur Gabriel Pârvan et qui sont présentés dans la traduction du livre « Poèmes érotiques »  de Paul Verlaine et plus précisément dans la note du traducteur et dans ses conversations avec monsieur Jean-Louis Courriol.

Dans la traduction de la poésie traditionnelle est essentiel de garder la forme prosodique (la rime, le rythme, la structure des strophes), mais cela ne signifie qu’on ne peut pas changer le nombre des syllabes d’un vers.  Pour reproduire en roumain le rythme d’un vers français il est nécessaire, souvent, d’allonger le vers d’une à trois syllabes, mais, et c’est un principe de traduction,

1. une fois choisi le nombre de syllabes, il doit être respecté jusqu’à la fin de la traduction ;
On doit tenir aussi compte que le respect de la forme prosodique, mais aussi du caractère allusif-ambigu de certains mots n’est pas possible sans des modifications au niveau lexical, phrastique et transphrastique : des équivalences, des adjonctions, des suppressions, des compensations, des modifications à l’ordre des vers, des reénonciations mais tous ces opérations doivent tenir compte de certains principes de traduction :

2. l’équivalence oblique de certains termes doit se baser  sur la compréhension exacte de leur valeur  co(n)textuelle pour éviter ainsi  la perte de éventuels sens allusifs ou ambigus ;

3. les adjonctions ne doivent pas mener à des explications et implicitement, à la désambiguïsation de la phrase poétique, elles ne doivent pas modifier la structure sémantique du poème, donc que les termes ajoutés n’apparaissent pas comme des intrus, qu’ils aillent quelque chose en commun avec les isotopies spécifiques au texte ;

4. les suppressions, dans la mesure où elles ne peuvent pas être récupérées ou compensées, ne doivent pas affecter les sémèmes thématiques et donc le sens global du poème, qui doit être protégé dans la même mesure que l’expression ; elles ne doivent pas affecter les termes qui définissent la poétique immanente du texte et la poétique générale de l’auteur, poétique que le traducteur doit connaître ;

5. les reénonciations de phrases, de strophes doivent avoir comme base la connaissance précise de la situation du discours car autrement, il existe le risque de dire toute autre  chose ;

6. un mot répété par l’auteur doit être répété aussi par le traducteur

7. dans un poème à forme régulière on ne peut pas tout traduire si on veut respecter le principe prosodique ;

8. le traducteur doit éviter les explications là où l’auteur ne les donnent pas, parce que, en ce cas, on ne fait plus une traduction, mais une création propre;

9. un autre principe, on ne doit pas ajouter des vers supplémentaires parce que, même à la simple vue de la poésie, il y a une différence considérable entre l’originel et la traduction.

Le respect de ces principes ne détermine nécessairement une bonne traduction car cela dépend aussi des connaissances  et de l’habileté du traducteur, mais il peut être le premier pas.

Bibliographie
Parvan Gabriel, Colecţie bilingvă de poezii, Paul Verlaine « Poèmes érotiques », Pitesti, Editura Paralela 45, 2004.

 

prof. Paula-Cristina Florescu

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