L’enseignement/ apprentissage du français sur objectifs spécifiques

L’intérêt accordé au FOS est en fait accordé à un domaine avec deux dimensions : la demande et l’offre, car le FOS existe parce qu’il a été demandé par des groupes de personnes qui ont des besoins liés à une nécessité langagière demandée par la formation spécialisée et le marché de l’emploi.

Le FOS a connu plusieurs étapes et, par la multitude de méthodes utilisées pour obtenir des performances, il est devenu un outil efficace, fait soutenu par les résultats de ses publics. Il s’est construit un champ disciplinaire et actionnel dans un mode marqué par des changements. «Ce qui par contre ne change guère, c’est que l’on a à se préoccuper, dans ce secteur, de publics dont la seule spécificité majeure et persistante se résume, […], aux constats suivants :
• d’abord, ces publics apprennent DU français et non LE français ;
• ensuite, ils apprennent du français POUR en faire un usage déterminé dans des contextes déterminés.  »

Le FOS fait une sélection, en choisissant des domaines où la langue générale n’est pas agréée. La démarche du FOS est spécifique, l’apprentissage est centré sur des objectifs communicatifs fonctionnels, en s’éloignant des objectifs visant l’acquisition de formes langagières. C’est un instrument d’apprentissage qui utilise des procédures efficaces et rapides.

L’enseignement/ apprentissage du FOS était connu par la majorité comme étant celui qui concerne le français professionnel, tandis que celui du FLE correspondait au français général. Le FLE étant la source du FOS, l’enseignement/ apprentissage du FOS est influencé du point de vue méthodologique par celui du FLE. Pourtant, il n’y a pas des principes didactiques propres au FOS. Dans le cas du FOS, les choix méthodologiques sont rapportés aux situations didactiques dans lesquelles ils seront utilisés. Une formation FOS doit utiliser des contenus d’apprentissage bien organisés, correspondant à des objectifs clairs, devant assurer une réelle implication de l’apprenant.

Dans une formation de FOS les publics apprennent à se débrouiller dans des situations de la vie professionnelle et aussi à devenir des membres actifs de l’entreprise et de la société. L’enseignement/ apprentissage du FOS est structuré selon un programme référencié qui trouve son utilité dans un groupe choisi en fonction de ses besoins et qui ne pourrait pas être appliqué dans d’autres circonstances et dans une autre communauté. Les compétences à maîtriser sont établies par l’enseignant selon les besoins du public. Les points de langue à apprendre sont choisis pour répondre à des besoins clairs. En conclusion, l’enseignement/ apprentissage du FOS est un instrument dont les buts sont les compétences et les performances que son public doit atteindre.

Les objectifs de l’enseignement/ apprentissage du FOS

Premièrement, il faut rappeler le fait que l’objectif central de l’enseignement-apprentissage des langues étrangères est la communication. Deuxièmement, dans le domaine de la didactique des langues étrangères, ce sont les besoins qui naissent des questions et les objectifs donnent des réponses adéquates. Si les besoins d’un public sont clairement déterminés, les enseignants peuvent déterminer avec exactitude les objectifs. C’est aussi la logique de l’enseignement/apprentissage du FOS, où l’apprenant a des buts précis à accomplir : « l’ensemble des données recueillies lors des investigations retenues fournit d’une part une image globale de la situation d’enseignement et permet d’autre part de poser des objectifs au cours de langue, compromis entre ce que sont et ce que semblent vouloir les apprenants, les demandes et les contraintes de l’institution, ce que peuvent faire enfin les enseignants. À partir de cette description, on arrive à savoir(très globalement) dans quelles situations les apprenants souhaitent et/ou doivent utiliser en priorité la langue étrangère : situations professionnelles, situations touristiques, situations académiques(…) Il s’agit donc d’objectifs situationnels (les situations de communication prioritaires dans lesquelles les apprenants auront à utiliser la langue étrangère), objectifs qui ne sont pas encore exprimés en termes d’analyse de la communication(interactions, actes de parole, gestes, règles de cohérence)  ». Ainsi, il y a des didacticiens qui soutiennent l’existence de deux types d’objectifs : général et spécifique.

Les objectifs généraux sont des énoncés d’intention pédagogique qui montrent en termes de capacité de l’apprenant l’un des résultats attendus d’une séquence didactique d’apprentissage. Les objectifs spécifiques ou opérationnels résultent de la démultiplication d’un objectif général en plusieurs énoncés satisfaisant quatre exigences « opérationnelles » : indiquer le niveau final de l’activité de l’apprenant et les critères à évaluer le résultat, décrire de manière univoque le contenu de l’intention pédagogique, décrire une activité de l’apprenant correspondant à un comportement observable, préciser les conditions dans lesquelles le comportement requis doit se manifester.       Les objectifs de l’apprentissage sont fondés sur quelques principes, tels que: ils sont centrés sur les besoins et sur l’apprenant, ils sont fonctionnels. Pour que ces principes soient accomplis, il faut analyser les besoins des publics et de leur comportement langagier dans la langue étrangère. Certains didacticiens, tels Jakobovits et Gordon parlent d’objectifs fonctionnels comme : l’usage de conversations banales et ordinaires, l’usage non-conventionnel de la langue, l’usage spécialisé de la langue.  Ils utilisent le pronom interrogatif « comment… » à la place du syntagme « être capable de… ».

Les supports didactiques utilisés en FOS

Les formations de FOS ont la possibilité de choisir dans la multitude de ressources proposées par le marché : manuels, cédéroms, sites Internet. Chaque type de support a ses particularités et son approche méthodologique, en fonctions du public visé et des objectifs. Les supports utilisés en FOS sont influencés par le marché dominé par la demande et par l’offre. Le nombre des ressources d’un certain domaine dépend des demandes de ses publics. Par exemple, dans le domaine de la médecine, il y a, aujourd’hui, plusieurs supports : manuels, CD, sites Internet, car il y a un besoin de plus en plus accentué d’assistants médicaux généralistes. Les maisons d’éditions et les auteurs se plient sur la demande du marché du travail.

En ce qui concerne la nature du support utilisé, il faut préciser que celle-ci joue un rôle important dans l’approche de la formation de FOS et dans l’autonomie des apprenants. Les manuels demandent la présence d’un enseignant qui explique les règles de grammaire, les mots nouveaux ou difficiles, propose des jeux de rôle et des simulations et les organise, corrige les productions orales et écrites des apprenants. De plus, les apprenants utilisant des manuels doivent respecter la structure proposée par ces supports utilisés habituellement en groupe. Ainsi les apprenants avancent selon le rythme général de la classe et non selon leur propre rythme.

Les sites Internet et le CD ne nécessitent pas la présence d’un enseignant. Les apprenants peuvent progresser dans leur formation selon leur rythme, donc ils sont plus responsables et plus autonomes pendant leur formation de FOS.

Toujours selon la nature du support, les auteurs peuvent proposer plusieurs genres de ressources dans le même support. Sur l’Internet les apprenants ont la possibilité de trouver des textes, mais aussi des documents audio et audiovisuels, tandis que les manuels n’offrent que des textes. Pour utiliser des documents audio les auteurs des manuels ajoutent des CD, ce qui augmente le coût du manuel. Il faut préciser que les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, surtout les sites Internet, donnent l’occasion aux auteurs d’actualiser les contenus de la formation proposée sans supporter un coût si élevé que dans le cas de la publication d’un nouvel manuel. L’actualisation des contenus se fait en tenant compte des développements du domaine cible.

Les supports de FOS se remarquent par un contenu bien structuré sous formes d’unités, de rubriques, de chapitres ou de dossiers. Ces supports ont un trajet adapté aux besoins des apprenants. Dans certains supports, les apprenants suivent l’itinéraire de certains personnages dans des situations professionnelles.

En ce qui concerne les compétences communicatives traitées, on peut dire qu’il y a parfois un déséquilibre de l’intérêt accordé aux compétences communicatives (compréhension orale, expression orale, compréhension écrite, expression écrite). Certains supports privilégient l’oral au détriment de l’écrit, tandis que dans les autres on met l’accent sur l’écrit, en négligeant l’oral. Le déséquilibre entre les compétences communicatives rend la formation incomplète et souvent inefficace. Un vrai support de FOS doit établir un équilibre entre les quatre compétences, en tenant compte des besoins des apprenants.

Quant aux aspects linguistiques, la majorité des supports de FOS sont centrés sur le développement de la compétence lexicale. Les objectifs lexicaux visés sont mis en évidence par les exercices et les activités proposés. La majorité des exercices et des activités reprennent le lexique utilisé dans les documents proposés. Il y a aussi des supports qui proposent des dictionnaires interactifs, des glossaires ou des listes de termes spécialisés.

Dans le cas de la grammaire, on peut avancer l’idée que celle-ci n’est pas en général le centre d’intérêt des supports de FOS. Dans certains supports elle est vraiment absente, tandis que dans des autres on offre aux apprenants une base grammaticale. L’enseignant leur explique les règles grammaticales, en leur respectant les besoins. D’autres auteurs préfèrent l’approche déductive de la grammaire.

 

prof. Nicoleta-Maria Bojin

Profil iTeach: iteach.ro/profesor/nicoleta.bojin

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