Vers une définition de la compétence de communication

La compétence représente un  «ensemble des connaissances et des stratégies qui peuvent être mises en œuvre pour communiquer » (ALTE)
La compétence est aussi considérée comme une « aptitude reconnue à pouvoir (savoir-faire) produire telle ou telle conduite. En linguistique, le terme renvoie à une capacité sous-jacente opposée à la performance, qui est la manifestation langagière de la compétence. Cette distinction est apparue dans les travaux de Chomsky» (PDCC)

En outre, la compétence recouvre aussi un « ensemble des comportements potentiels (affectifs, cognitifs, psychomoteurs) qui permettent à un individu d’exercer efficacement une activité généralement considérée comme complexe. Elle englobe des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être » (Tagliante, C.)

D’autres spécialistes considèrent que la compétence couvre l’ensemble de « savoir – faire en situation, lié à des connaissances intériorisées et/ ou à l’expérience. On ne peut l’observer que par la réalisation des tâches demandées au moment de l’évaluation (performance ou comportement observable).

De toutes ces définitions, notre attention portera sur la première, puisque nous trouvons qu’elle est clairement formulée et exhaustive pour les activités d’enseignement-apprentissage en classe de fle. En effet, l’objectif final de l’apprentissage des langues vivantes est la communication authentique en fonctions des besoins langagiers, d’un certain but ou bien d’une certaine intention du locuteur. Alors, l’enseignant est-il censé, lors de l’activité d’apprentissage, faire acquérir à l’apprenant la compétence à communiquer langagièrement.

La compétence de communication ne saurait se réduire rien qu’aux connaissances lexicales et à la maîtrise du système grammatical dans une langue-cible. Cette réalité est bien des fois prouvée par bon nombre d’apprenants dont le bagage lexical est surprenant, qui peuvent « réciter par cœur » des tomes de règles de grammaire et qui, pourtant, ont de grands problèmes quand il s’agit de s’exprimer, surtout à l’oral. Certes, la compétence de communication exige une compétence grammaticale appropriée, l’emploi de la langue dans des contextes qui correspondent aux besoins du locuteur, c’est-à-dire une compétence sociolinguistique, une expérience des stratégies de communication nécessaires afin de dépasser les possibles difficultés et toute une diversité d’aptitudes adéquates aux besoins de communication du locuteur. La communication authentique, réelle s’oppose largement à la communication se déroulant pendant la classe de langue.

Ainsi, la communication authentique suppose l’existence d’un interlocuteur, l’échange d’informations ou de sentiments, un but à atteindre, un engagement personnel des interlocuteurs ; ce sont des éléments qui ne se retrouvent pas toujours lors de la communication pendant la classe de langue. De toute façon, la communication pendant la classe de langue demeure, elle aussi, authentique, tant bien que mal, mais elle est soumise à des règles précises. Alors, l’enseignant a-t-il la tâche de s’efforcer – en dépit de l’environnement rigide de la salle de classe – de promouvoir le besoin, le désir et le plaisir de communiquer.

La communication dans une langue moderne exige un certain niveau de correction et, pour y parvenir, l’apprenant doit se faire un système phonétique, grammatical et lexical qui soit suffisamment ample et précis. La compétence de communication ne suppose pas seulement la capacité de production et de réception orale comme écrite, du moment que dans la communication authentique, les deux ne peuvent pas être séparées de manière artificielle. Alors, même si l’objectif de l’activité d’enseignement \ apprentissage est la formation de la compétence de communication, cette activité ne pourrait jamais se contenter de la seule pratique des actes de communication. L’enseignant devra former chez l’apprenant les aptitudes à la réception orale et à la compréhension écrite, lesquelles sont absolument nécessaires à former la compétence linguistique. La production d’une phrase simple requiert tant la compétence linguistique, que la compétence de communication ; la maîtrise d’une structure grammaticale ne suffit pas pour acquérir une compétence linguistique vu que la communication dans une langue étrangère suppose la transmission et la réception correcte du sens de la phrase, pas de sa forme. L’échange d’informations peut se dérouler de manière satisfaisante en dépit de quelques erreurs, à moins que celles-ci ne changent le sens du message.

Bibliographie:

Tagliante, C., L’évaluation et le Cadre européen commun, coll. « Techniques et pratiques de classe », CLE International, Paris, 2005.

*** Programul Naţional de Dezvoltare a competenţelor de evaluare a cadrelor didactice (DeCeE), suport de curs.

***  La Communication dans la classe de langue, Conseil de l’Europe, 1991.

 

prof. Ramona Ştefănescu

Profil iTeach: iteach.ro/profesor/ramona.stefanescu

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