Les intelligences multiples au service de l’apprentissage des langues étrangères

Lancée en 1986 par Howard Gardner, la théorie des intelligences multiples a suscité l’intérêt pour le développement de nombreuses études et recherches pour l’enseignement des langues étrangères. Gardner parle de 8 formes d’intelligence  liées à des zones différentes du cerveau, qui peuvent être développées tout au long de la vie, à condition d’y être encouragé. Conformément à ses convictions, bien qu’une personne se serve de toutes ces intelligences, c’est seulement une prédominante par laquelle cette personne apprend le mieux.

”Il est primordial de reconnaître et de nourrir toutes nos intelligences humaines, et toutes les combinaisons d’intelligences. Nous sommes également différents en large partie car nous avons des combinaisons différentes d’intelligences. Si nous reconnaissons cela, je crois que nous aurons de meilleures chances de faire face efficacement aux nombreux problèmes mondiaux”. (Gardner, H. (1993/1996). Multiple Intelligences: The Theory in Practice, A Reader. New York: Basic Books, p.15)

Mais comment réussissent-t-elles à venir à l’appui de l’apprentissage des langues?

Pour l’apprentissage d’une langue étrangère, la théorie des intelligences multiples ouvre de nouveaux horizons sur les instruments d’enseignements, autres que les méthodes traditionnelles utilisées habituellement. Elle s’appuie sur l’imagination et la créativité des enseignants dans la création du matériel pour la classe. L’inclusion de plusieurs intelligences dans chaque activité encourage tous les élèves.

1. L’intelligence visuelle  ou spatiale  suppose la création des images mentales et la perception du monde visible dans ses trois dimensions. À l’aide des supports vidéos, des dessins, des images, des magazines, des objets réels, l’enseignant a l’occasion de stimuler les apprenants à utiliser la langue cible tout en évitant l’usage  de la langue maternelle de ceux-ci.

2.  L’intelligence verbale ou  linguistique a en vue une certaine affinité pour les structures linguistiques ce qui  aide  à  comprendre  le  sens  des  mots,  leur  place dans un énoncé, leur fonction grammaticale et enfin leur emploi. C’est l’une des  plus  importantes intelligences pour  l’enseignement/ apprentissage d’une langue étrangère parce qu’elle est étroitement liée à l’expression orale et à  une manière auditive de fonctionner. Cela exige la création de  nombreuses situations conversationnelles dans  la classe.

3. L’intelligence musicale ou rythmique demande une certaine sensibilisation aux structures sonores, rythmiques et musicales. Tout comme l’intelligence  verbale ou  linguistique, elle dépend de l’ouïe et de la parole. Excitant en même temps la partie rationnelle et  celle  émotionnelle  du  cerveau, la musique facilite l’apprentissage des langues tout en aidant les  apprenants à  mieux  comprendre,  à  retenir  et  à  appliquer l’information.

4.  L’intelligence logique  ou  mathématique fait accessible la  compréhension  de l’organisation de la langue, parce que cette intelligence  s’appuie  sur la capacité à raisonner, à compter et à calculer ou à tenir un raisonnement logique.

5. L’intelligence corporelle ou kinesthésique est soutenue par l’utilisation de son corps d’une manière élégante et précise à travers le mouvement, par l’habilité d’utiliser les objets. Impliquant la participation de plusieurs parties importantes du cerveau, elle favorise la compréhension et  la  mémorisation  à  long  terme  de  l’information.

6. L’intelligence interpersonnelle qui vise l’interaction avec les autres joue un rôle décisif dans les activités en partenariat ou en groupe. Dans l’apprentissage d’une langue, les apprenants  ont  besoin  de communiquer, de s’entendre  et  de débattre pour réussir à développer  le  langage,  la  capacité d’expression,  l’écoute.

7. L’intelligence intra personnelle consiste à se connaître soi-même, ce qui assure la réussite, permettant  à l’apprenant d’exploiter ses points forts et de combler ses lacunes.

8. L’intelligence (du) naturaliste a la base l’identification et la classification des formes et des structures dans la nature. Comme toute langue dispose des structures, l’intelligence  naturaliste  aide  l’apprenant  à  les classer  pour mieux comprendre leurs fonctionnements.
L’inclusion de toutes ces intelligences dans la  classe, assure  la  participation de chaque  apprenant et offre la possibilité d’obtenir des résultats remarquables dans l’apprentissage des langues  étrangères.

Bibliographie
1. Gardner, H., Les intelligences multiples: la théorie qui bouleverse nos idées reçues, traduit de l’anglais (États-Unis) par Yves Bonin, Les Éditions Retz, Paris, en collection «Petit Forum», 2011.
2. Gardner, H. (1993/1996). Multiple Intelligences: The Theory in Practice, A Reader. New York: Basic Books, p.15
3. Hourst, B., À l’école des intelligences multiples, Hachette Livre, Paris, 2006
4. Rahmatian, Rouhollah (2012). Les intelligences multiples et l’apprentissage du FLE (É tude du cas chez les apprenants iraniens). En: Recherches en langue et Littérature FrançaisesRevue de la Faculté des Lettres Année 5 , No 8. www.researchgate.net/publication/278392394

prof. Venera Iacob

Profil iTeach: iteach.ro/profesor/venera.iacob

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