Les compétences de communication dans la classe de FLE. Approches actuelles

La notion de communication est extrêmement vaste, elle comprend plusieurs sens, définis par des sciences comme la philosophie, l’histoire, la géographie, la psychologie, la sociologie, l’économie, les sciences cognitives. La notion de communication pose aussi beaucoup de problèmes, de même que celle de la théorie de la communication, elle produit des clivages. La définition et le statut de la théorie sont différents et contrastants d’une école à l’autre, d’une épistémologie à l’autre.

L’acception de la société comme ensemble qui présente des fonctions précises a inspiré les premières conceptions d’une «science de la communication». Communiquer c’est une activité humaine fondamentale. Au centre de beaucoup de problèmes liés à la communication se trouve la psychologie, ayant le but clair de rendre intelligibles les aspects qui font partie de son champs d’analyse. Etre intelligible signifie avoir du sens, le sens apparaissant d’une relation déjà établie. «Compétence en langue» ou compétence linguistique, ce syntagme qui apparaît dans les discours où on l’enseigne ou analyse, devient très difficile de le définir. Il y a quatre grands systèmes de référence pour pouvoir faire une analyse de la communication:

  • le paradigme structurel- expressif,
  • le paradigme formel- transactionnel,
  • le paradigme relationnel- systémique,
  • le paradigme phénoménologique- praxéologique.

L’objet final des études réalisées au cadre du paradigme structurel- expressif c’est la personnalité, définie comme organisation interne du psychique de celui qui s’exprime.

Les phénomènes de surface sont ainsi les comportements et les expressions verbales des individus ; ce qu’un individu veut communiquer est déterminé par les désirs, les motivations, les autres besoins qui composent cette organisation interne.

On pourrait affirmer que toute personne qui reprend, de façon plus ou moins consciente, des idées, expressions, citations, énoncées antérieurement par une autre ne peut pas être considéré comme l’énonciateur exclusif et unique des messages transmis, on a à faire avec une communication polyphonique émise par une pluralité de voix. A son tour le transmetteur peut aussi être multiple mais dans un autre sens que la source, la chaîne des transmetteurs peut être beaucoup plus longue. Pendant le «voyage» au long du canal qui fait la liaison entre l’émetteur et le récepteur, les signaux peuvent être affectés en tout moment par l’action perturbatrice du bruit.

La position de l’émetteur et du récepteur dépend de ce qu’ils savent ou ne savent pas l’un de l’autre, tout processus de communication entre les hommes étant conditionné par leur degré de connaissance interpersonnelle. Le concept de «la fenêtre de Johari» part de l’idée que dans chaque personne il y a une zone soumise au contrôle conscient et l’une d’ombres où on n’a pas d’accès direct, mais dont on peut apprendre des détails à l’aide d’une autre personne, si on communique de façon efficace. «La fenêtre de Johari» a le rôle de caractériser nous-mêmes et notre relation avec l’interlocuteur pendant une certaine étape de cette relation.

On accorde une attention particulière à la communication dans les séances de «brainstorming», ayant l’objectif de produire dans une courte période de temps le nombre le plus grand possible de nouvelles idées. On met l’accent sur la quantité, on interdit l’émission de toute opinion critique sur l’idée d’un autre participant, on retient toutes les idées formulées.

En ce qui concerne les théories de la communication, on est d’accord qu’on peut parler de trois grandes théories, dans l’ordre chronologique: la théorie de l’information et du modèle  cybernétique de C. Shannon et W. Weaver, le modèle psycholinguistique d’Austin, le modèle systémique de Bateson et Watzlawick.

Il y a une liaison entre les sens et la communication. Les personnes qui se basent sur l’ouïe aiment parler, aiment aussi écouter, ils interprètent les sens implicites d’un discours en écoutant le ton, l’intensité de la voix, le rythme, les nuances. Les personnes qui se basent sur la vue traduisent en images ce qu’ils disent, ce qu’ils entendent, ce qu’ils lisent, ils sont attentifs aux discussions et aux présentations si elles contiennent des illustrations.

Les compétences en communication sont extrêmement importantes, comment réussir à les développer reste parfois un problème assez compliqué, malgré le fait que pour la majorité des gens communiquer est considéré une chose simple (ils ont raison d’une certaine façon, de la perspective où la communication se déroule bien, c’est facile et elle va de soi) ; la situation peut devenir compliquée au moment où apparaissent des difficultés. Dans ce cas de la communication difficile on reçoit la possibilité de pouvoir développer ses compétences. Ces blocages ont un rôle décisif pour apprendre et se développer, mais on doit tenir compte d’une série d’étapes et les respecter : se rendre compte que la communication signifie plus qu’un simple échange d’informations, elle suppose l’existence d’une relation entre deux individus (qui ont leurs propres sentiments, leurs propres valeurs dans la vie), donc on peut affirmer qu’il existe une dimension relationnelle de la notion de communication.

En ce qui concerne le contenant, le niveau relationnel et le contenu explicite, ils sont considérés les deux niveaux inter reliés de la communication : le contenu explicite du message a la fonction de transmettre des renseignements sur des idées, des faits, le message peut donner des indices sur l’état affectif, sur les intentions de l’individu qui émet ce message et sur la relation entre eux. Ce niveau de signification véhiculé par la communication non verbale reste le plus difficile à décoder.

Bibliographie

Borțun, D., Bazele epistemice ale comunicării, Ed. Tritonic, București, 2013
Bougnoux, D., Introduction aux sciences de la communication, La Découverte,
Paris, 2001
Castellotti, V., La langue maternelle en classe de langue étrangère, CLE
International, Paris, 2001
Crahay, M., Dutrévis, M., Psychologie des apprentissages scolaires, De Boek
Supérieur, Louvain-la-Neuve, 2015

 

prof. Adelina Iuhasz

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