Le français: on l’enseigne, on le vit

Cet article se propose de présenter d’une manière pratique des activités intéressantes qui peuvent aider les professeurs à mieux projeter leurs leçons et les élèves à apprendre, d’une façon attractive et amusante, la langue française par le biais des randonnés dans la nature, des chansons, des films, des jeux, de la gastronomie.

Dans son poème Trois âges (Trei fețe), Lucian Blaga dit : «L’enfant rit : ma sagesse et mon amour, c’est le jeu!».

On observe ici tout un univers caché dans le terme jeu, devenu synonyme de la sagesse, qualité des grands, des adultes, des personnes âgées, et de l’amour, un sentiment si profond, qu’il y a des gens qui ne le comprennent pas, ni à la fin de leur existence. Si on obéit à ce vers, afin de percer le mur qui sépare notre monde de celui d’un enfant, on devrait parler la langue du jeu, la plus sage et plus pleine d’amour langue qu’il existe pour eux. Alors, pourquoi s’éloigner de ce code de communication lors que l’on est à l’école? Pourquoi ne pas l’utiliser, l’adapter, l’emprunter et le percevoir comme allié plutôt qu’ennemi de la discipline et de la leçon?

Le moment où on pense le déroulement de la leçon, le professeur doit avoir en vue l’âge de ses élèves et leur niveau de langue. À partir de ces détails, on peut créer les activités, les projeter, les ajuster aux besoins des enfants et à leur intérêt. En fonction de leur âge, les enfants ont des préférences musicales, des livres agréés ou non, des jeux qu’ils aiment ou qu’ils n’aiment plus; il y a des personnages de livres ou de films avec qui, parfois, ils s’identifient. Nous, les professeurs, devrions prêter attention à ces notions, à ces particularités qui caractérisent nos élèves, qui les font spéciaux et qui nous offre un pont vers leurs vies. Si on prend en compte ces caractéristiques, alors on peut réaliser des activités assez intéressantes et attractives pour la plupart des élèves; on peut opter pour une chanson, un film ou même un jeu.

Au cours de mon expérience didactique, j’ai eu la chance de travailler avec beaucoup d’élèves avec des tempéraments différents, des niveaux sociaux distincts, des besoins et des fondements linguistiques et culturels très bien définis et même opposés. Mais, ce que j’ai constaté, c’est qu’indifféremment de leur provenance, de leurs capacités intellectuelles, ils ont toujours éprouvé des émotions devant une manifestation culturelle appropriée à leur âge.

Parmi les leçons traditionnelles, qui ont eu comme but majeur la réalisation d’une base théorique sur laquelle je puisse mettre, plus tard, des séquences didactiques plus créatives, j’ai eu l’opportunité de parsemer des leçons un peu hors du conventionnel.

Les activités menées dans la classe ont eu comme point central le développement de la confiance des enfants dans leur propre capacité de penser et de se débrouiller dans une langue étrangère. À part ce but, on a eu en vue d’autres comme : chercher et découvrir les termes dont ils ont besoin dans la communication, identifier des notions clés pour la culture et la civilisation françaises et les utiliser, observer les différences linguistiques et culturelles entre deux ou trois cultures (française-roumaine-anglaise), intégrer la langue française dans la vie quotidienne par le visionnement des films, des émissions télévisées, des documentaires ou par la lecture des journaux d’actualité politique, sociale, sportive, etc. Ici j’ai énuméré seulement une partie des objectifs suivis au long des leçons et j’offre quelques exemples d’activités concrètes, déjà réalisées avec mes élèves et qui pourraient servir comme base pour d’autres plus intéressantes :

1. Des leçons au plein air

Ces leçons suivent à associer la nature, l’école et l’esprit de liberté. Le déroulement du scénario didactique peut se réaliser dans le parc, dans un jardin botanique ou dans la cour de l’école. Pour l’activité principale, les élèves sont munis de carnets ou de feuilles de papier et de crayons. Ils sont organisés en équipes et ils remplissent trois colonnes sur leurs feuilles : ce que je sais/ ce que je veux apprendre/ ce que j’ai appris. Dans la première colonne, on écrit les éléments de la nature identifiés et reconnus; dans la deuxième, ils notent ceux qu’ils ne connaissent pas encore et dans la troisième, ils vont écrire les notions qu’ils ont appris. Comme devoir, ils doivent réaliser un petit atlas de la nature, aux images pour chaque terme et aux exemples d’utilisation de ce terme (des phrases, des locutions, des citations célèbres comprenant ce mot). Le travail est réalisé en équipes.

2. Paris sera toujours Paris

Les élèves sont accueillis dans une salle de classe où on prépare le coin Café parisien avec des goûters comme des croissants, de différents types de fromage, des fruits secs, de la confiture et des produits de pâtisserie. L’atmosphère est complétée par la musique caractéristique et par les négatifs des chansons : Paris sera toujours Paris, Sous le ciel de Paris, Notre-Dame de Paris, Je ne regrette rien, Mademoiselle de Paris, Les Champs-Élysées, La vie en rose, L’hymne à l’amour. Les élèves sont invités dans une atmosphère idyllique, à dégoûter les amuse-bouche et les produits de pâtisserie, sur des rythmes français. Ils reçoivent des billets avec quelques poèmes dédiés à la ville de Paris et ils doivent les lire et deviner le sujet de la leçon. On soutient une présentation Power Point sur Paris dans laquelle on place quelques questions : Combien de monuments reconnaissez-vous dans la série suivante? Qu’est-ce que savez-vous sur la Tour Eiffel? ; on met, à la fin de cette présentation, un quiz sur les informations reçues et sur lesquelles les élèves ont l’occasion de prendre des notes dans leurs cahiers. L’activité est continuée avec l’exercice actif organisé autour de la consigne : La première équipe qui réalise la route, va gagner la compétition. Les élèves reçoivent deux cartes de Paris : celle touristique avec des monuments et les arrondissements et celle du métro . La tâche est de créer autant de routes que d’équipes à partir des points différents, de la banlieue parisienne vers le point de rencontre, le 1er arrondissement. Les élèves doivent mentionner les rues, les lignes de métro, les monuments rencontrés et les arrondissements traversés. Le devoir est de réaliser des dépliants en utilisant les informations de la leçon.

3. FLE par des chansons

Ici on propose une activité bilingue; on fait écouter la même chanson, interprétée par deux artistes différents, dans deux langues différentes : le français et l’anglais. Les élèves reçoivent des fiches de travail qui comprennent : des cases à remplir pendant l’étape pré-écoute, des informations sur les artistes, sur la chanson et sur son thème; les vers de la chanson, dans les deux langues, à étudier pendant l’écoute et des exercices post-écoute, du type : complétez les paroles de la chanson; soulignez les différences de sens communiqués par les deux langues, argumentez s’il y a des différences entre les deux interprétations et de quel genre sont-elles. À la fin, les élèves soutiennent leur choix d’une chanson et ils donnent trois raisons pour et trois raisons contre la chanson non-élue.

4. D’autres activités

J’ai réalisé, aussi, des leçons autour des chansons avec des mouvements spécifiques (comme celle des prépositions de lieu : sur, sous, dans, devant, derrière, à côté de ), avec des danses inventées ou non, pour les débutants; nous sommes allés à la Bibliothèque française Eugène Ionesco  et à la bibliothèque au fond de livre français de l’école, des lieux magiques où on a joué avec les livres, on les a cherchés comme des détectives, en suivant un thème ou des indices descriptifs, on les a organisé selon la forme, la couleur, le titre, le sujet, l’auteur, les mots-clés. On a regardé des films après la lecture du livre et on a réalisé des parallèles (Les Misérables, de Victor Hugo) avec des arguments (pro ou contre), on a choisi un personnage avec lequel on s’identifie et un autre opposé; on a organisé même un pique-nique où on a parlé exclusivement en français et où on a joué des jeux français.

Les exemples donnés sont modestes, car l’inspiration est partout : en nos élèves, dans les médias, en nous. On peut réaliser de si belles leçons, de plus en plus intéressantes et adaptées aux préférences des enfants et des adolescents! Il ne faut que trouver l’amour et la passion de ce que nous définit en tant qu’êtres professionnels.

Bibliographie et sitographie :
1. 1. CREMARENCO, S., L’approche du document authentique en classe de FLE, Éd. Teocora, Buzău, 2009
2. GEORGESCU, C.-A., La didactique du français langue étrangère : tradition et innovation, Éd. Tiparg, Pitești, 2011
3. https://www.youtube.com/watch?v=hrDkxKTdiFA
4. www.parisinfo.com/
5.https://www.facebook.com/Biblioth%C3%A8que-Fran%C3%A7aise-Eug%C3%A8ne-Ionesco-136690813099398/

Accesări: 149

Articole asemănătoare