Dans toutes les langues et dans tous les pays, on parle du langage SMS, du langage téléphonique, un langage codé, abrégé, modifié, décelé, limité et fragmenté, utilisé par les jeunes pour communiquer rapidement et, surtout, pour rester entre eux. C’est une réalité qui nous concerne aussi, nous les professeurs, si nous souhaitons rester connectés à la technologie moderne, suivre l’évolution technologique actuelle, être bronché et mieux comprendre nos élèves. En comprenant et en connaissant ce langage des jeunes, il nous sera plus facile de les connaître eux-mêmes, de découvrir leur personnalité, leur entourage, leurs goûts et leurs préoccupations quotidiennes.
Le langage SMS est, en effet, un langage agressif, non littéraire, difficile à digérer et à accepter pour les personnes instruites, et difficile à déchiffrer pour les non-initiés. Cependant, c’est une réalité qui nous bouscule et nous inquiète à la fois, mais que nous devons l’accepter.
La langue française, tout comme la langue roumaine, est soumise à ce processus de transformation. Nous assistons à la naissance d’une nouvelle langue : une langue différente, adoptée par les jeunes, un langage rapide, décousu, qui supprime toute règle d’orthographe ou de ponctuation. Elle manque de consistance et de fond: c’est un langage où l’on communique à toute vitesse, où l’on gagne du temps en faisant, pour ainsi dire, l’économie de lettres. Les jeunes considèrent cette forme de communication comme « cool », mystérieuse, comprise uniquement par eux et leur bande. Personnellement, je ne soutiens pas un tel langage dépourvu de sens et de signification, et cela est préoccupant. Cependant, l’aspect intéressant réside dans la créativité et l’esprit innovateur des jeunes concernant la variété de ce lexique.
Le français abonde en mots et expressions de ce genre; un code écrit difficile à saisir pour celui qui ne connaît pas le français familier ou pour le novice. Des mots écrits d’une manière phonétique (selon la prononciation), avec des fautes d’orthographe, des raccourcis, des abréviations et des combinaisons de lettres et de chiffres qui s’entremêlent, donnant naissance à une langue nouvelle qui se forme sous nos yeux, où toute erreur est pardonnable et admissible. Un « cyberlangage » basé sur l’omission de lettres et de sons, sur des substitutions et des troncations, né du désir d’être différent, original, dynamique, de gagner du temps et d’affirmer une identité distincte. À tout cela s’ajoute l’utilisation massive d’emojis ou de stickers pour exprimer les multiples nuances émotionnelles du moment.
L’abréviation ou l’omission des voyelles est la plus fréquente, comme on le voit dans des mots tells: :
« bjr » = bonjour, « bsr » = bonsoir, « jtm » = je t’aime, « bcp » = beaucoup, « dsl » = désolé, « rdv » = rendez-vous, « slt » = salut, « ajd » = aujourd’hui, « dak » = d’accord, « tjs » = toujours, « pk » = pourquoi ?, « cc » = coucou, « biz » = bisous, « stp » = s’il te plaît, « qqn » = quelqu’un, « cv » = ça va, « mtn » = maintenant, « mrc » = merci, « jpp » = je n’en peux plus, « pdt » = pendant, « jms » = jamais, « a tt » = à tout à l’heure, « pr toi » = pour toi, « MDR » = mort de rire, « AMA » = à mon avis, « jsp » = je ne sais pas, « ns » = nous, « vs » = vous, « tqt » = ne t’inquiète pas, « tlm » = tout le monde, « osef » = on s’en fiche, « jtbf » = je t’embrasse fort, « tmk » = tu me manques, « raf » = rien à faire.
La phonétique ou l’écriture « à l’oreille : «Savapa » = ça ne va pas, « koi » = quoi ?, « chuis » = je suis, « askip » = à ce qu’il paraît, « oklm » = au calme, « kdo » = cadeau, « cki ? » = on se connaît ?, « j’y go » = je dois partir, « kestufé » = qu’est-ce que tu fais ?, « HT » = acheter, « xlt » = excellent, « BB » = bébé, « g » = J’ai, « komencava » = comment ça va ?.
L’utilisation des chiffres ou des signes pour leur sonorité: « bi1 » = bien, « a2m1 » = à demain, « A+ » = à plus tard, « r29 » = rien de neuf, « koi de 9 ? » = quoi de neuf ?, « v1 » = viens, « c1blag » = c’est une blague, « 6né » = cinéma, « g f1 » = j’ai faim, « b1sur » = bien sûr, « f2f » = face à face, « 1posible » = impossible.
On ajoute les mots tronqués comme: resto (restaurant), ados (adolescents), ciné (cinéma), dico (dictionnaire), asso (association), éval (évaluation), info (information), fac (faculté), appart (appartement), clim (climatisation), compta (comptabilité), démo (démonstration), déco (décoration), expo (exposition).
Le langage SMS est aujourd’hui considéré comme un code social utilisé pour renforcer l’appartenance à un groupe ; c’est une forme d’ostentation, une manière de sortir des sentiers battus et de se différencier. La relation entre la langue française et le langage SMS est un sujet qui oscille entre innovation linguistique et inquiétude orthographique.
Exemples :
- Cc, Dsl, jpe pa venir au resto, chuis occupé. Tqt, chuis bi1, moi. Biz. A2m1.
(Coucou, désolé, je ne peux pas venir au restaurant, je suis occupé. Ne t’inquiète pas, je vais bien. Bisous. À demain.) - Slt, cv? Koi de 9 chez toi? Pk tu ne v1 pa au 6né? Tlm sera présent. Rstp urgent. Jpp. A+. Jtm.
(Salut, ça va ? Quoi de neuf chez toi ? Pourquoi tu ne viens pas au cinéma ? Tout le monde sera présent. Réponds s’il te plaît, c’est urgent. Je n’en peux plus. À plus tard. Je t’aime.) - Bjr a tous, Auj j’ai un kdo pr vs. C 1 xlt dico franco-roumain, Ht d’une expo. C kdo 4U! A tt.
(Bonjour à tous. Aujourd’hui, j’ai un cadeau pour vous. C’est un excellent dictionnaire franco-roumain, acheté lors d’une exposition. Ce cadeau est pour vous ! À tout à l’heure.)