Le document authentique dans l’enseignement de la compétence de communication en FLE

Dans l’enseignement du FLE, l’adjectif authentique est apparu pour la première fois dans les années 1970, pour designer «tout document, sonore ou écrit, qui n’a pas été conçu expressément pour la classe ou pour l’étude de la langue, mais pour répondre à une fonction de communication, d’information ou d’expression linguistique réelle» [1]. Le document authentique a été donc introduit pour répondre aux besoins communicatifs des apprenants, pour les mettre au contact direct de la langue.

Il agit comme un facteur de déblocage au niveau de la personnalité de l’apprenant qui prend conscience de plusieurs situations de communication réelle et des moyens verbaux caractéristiques pour chacune d’entre elles tout en développant une attitude plus active et créative.

Les documents authentiques s’opposent traditionnellement à ceux fabriqués construits de toutes pièces pour la classe par un concepteur de méthodes ou par un enseignant autour de points de grammaire ou de structures linguistiques décontextualisées. Or, pour acquérir une compétence de communication, il est obligatoire de confronter les apprenants à la langue vraie, celle de la rue, des émissions ou des journaux afin de découvrir toutes les variétés de cette  langue vivante dans des situations de communications les plus diverses.

Pourtant, la simple utilisation du document authentique en classe de FLE ne suffit pas pour introduire une véritable pédagogie de l’authenticité. L’enseignant doit mettre en place quelques stratégies d’exploitation qui respectent la situation de communication diffusée par le document authentique choisi et respecter, autant que possible, l’authenticité de sa réception. Autrement dit, lorsque le document est didactisé ou modifié, selon les objectifs pédagogiques, il est essentiel « que l’apprenant le perçoive comme authentique et que les démarches pédagogiques lui confèrent une vraisemblance communicative » [2].

Aujourd’hui, la plupart des méthodes utilise un document intermédiaire entre le fabriqué et l’authentique, ayant « la forme, la fonction virtuelle d’un document authentique (article de presse extrait d’un journal imaginaire, publicité pour une marque qui n’existe pas, etc.) et son caractère authentique peut être conforté par l’exactitude rigoureuse des informations qu’il contient » [3] . Ainsi, au niveau de l’utilisateur élémentaire (A1 et A2), les auteurs des manuels n’utilisent que des documents fabriqués, notamment des plans, des cartes de visite, des cartes d’identité, etc., au contenu linguistique très restreint. À partir du niveau B1, on commence à introduire des documents authentiques plus riches linguistiquement (des extraits de journaux et magazines) mais on privilégie le document fabriqué qu’on abandonne seulement au niveau B2 en faveur du celui authentique étudié sous toutes ses formes [3].

En conclusion, un document authentique bien choisi et bien exploité, peut susciter ou entretenir la motivation des apprenants, ce qui est fondamental dans l’enseignement-apprentissage de la compétence de communication dans une langue étrangère. L’enseignant aussi peut en profiter puisqu’ il peut concevoir des activités très diverses à partir d’un document authentique en évitant de tomber dans la routine.

Exemples de documents authentiques utiles dans l’enseignement de la compétence de communication orale:

  • des bandes-dessinées, des photos ;
  • des textes, des poèmes ;
  • des magazines pour les adolescents ;
  • des journaux, des magazines d’actualité ;
  • des emplois du temps, des bulletins scolaires ;
  • des chansons enregistrées; des clips vidéo ;
  • CV, lettre de candidature, de motivation pour un emploi ;
  • des menus, des cartes de restaurants et cafés ;
  • des publicités ;
  • des programmes télévisés : enregistrement de journaux télévises, séries, jeux, interviews, documentaires, débats, bulletins météo ;
  • des petites annonces (immobilier, travail) ;
  • des brochures, dépliants touristiques, des cartes, des cartes postales ;
  • des horaires, des itinéraires de train, de bus, de métro, etc.

Bibliographie
1. D., Coste, R., Galisson, apud P., Bertocchini, E., Costanzo, Manuel d’autoformation à l’usage des professeurs de langue, Paris, Hachette, 1989, p. 85.
2. J.-P., Cuq, Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde, Paris, Clé International, 2003, p. 29.
3. J.-P., Robert,  Dictionnaire pratique de didactique du FLE, Paris, Orphrys, 2008, p. 18 – 19.

 

prof. Mihaela-Nina Munteanu

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